Qu’est-ce qu’un éco-quartier

Un éco-quartier peut se définir comme un quartier urbain conçu de façon à minimiser son impact sur l’environnement. Généralement, il s’agit d’un quartier disposant de la plus grande autonomie énergétique possible qui vise à diminuer voire à annuler son empreinte écologique.

Il n’y a pas de définition établie de l’éco-quartier. Cependant, on peut retenir une dizaine de critères qui caractérisent cette notion :
– La densité
– La forte présence du végétal et des espaces publics
– La diversité de l’habitat
– L’incitation aux déplacements doux
– Le respect du cycle de l’eau
– La gestion des déchets
– La diminution de la consommation énergétique et l’utilisation d’énergies renouvelables
– L’architecture durable
– La mixité sociale
– La gouvernance.

 

La densité

Le développement durable est contraire à l’étalement urbain et au phénomène de mitage auxquels a été confronté depuis trente ans le département du Calvados. L’éco-quartier consomme le moins d’espace possible, sa densité pouvant aller jusqu’à 100 à 200 habitants à l’hectare. Il est toujours localisé à proximité d’un pôle de vie où l’on trouve commerces et équipements publics. Il est desservi par des transports en commun et traversé par des circulations douces (piétons, vélos).

 

La forte présence du végétal et des espaces publics

Dans les éco-quartiers, la sensation de densité est atténuée par une forte présence végétale et des espaces publics et de loisirs de grande qualité.
L’éco-quartier, moindre consommateur d’espace, tisse une relation forte avec le paysage et la nature, ce qui implique une attention particulière pour la végétation existante et l’utilisation des essences locales dans les plantations nouvelles.

 

La diversité de l’habitat

4Les éco-quartiers jouent de la diversité des formes et des échelles (immeubles collectifs, immeubles intermédiaires, plots d’habitations, maisons mitoyennes à étages, maisons en bandes, maisons isolées sur petites parcelles). Ils proposent une diversité de type de logements propices aux « parcours résidentiels » de tous les âges de la vie (des grands logements aux petits logements).

 

Incitation aux déplacements doux

Dans un éco-quartier le rôle de la voiture n’est plus hégémonique (réduction des surfaces de parkings, hiérarchie et mixité des voiries). L’approche privilégie la marche à pied et l’utilisation du vélo à l’intérieur de l’éco-quartier. Généralement situé à proximité immédiate des réseaux de transport en commun, mais aussi à proximité du centre ville, des commerces et des activités, l’éco-quartier incite sa population à privilégier ces modes de déplacements.

 

Le respect du cycle de l’eau

Dans un éco-quartier, la circulation de l’eau est traitée au même titre que celle des voitures, des vélos ou des piétons. Dans certains cas, elle est même déterminante. Généralement, sont prises en compte la récupération des eaux pluviales et leurs infiltrations. La surface des sols imperméabilisés est réduite au strict nécessaire.

 

La gestion des déchets

Dans un éco-quartier, la gestion des déchets doit être prise en compte. Les déchets sont triés, recyclés, voire compostés sur place, et les habitants sont eux sensibilisés à cet « éco-civisme ».

 

La diminution de la consommation énergétique et l’utilisation d’énergies renouvelables

La sobriété énergétique des bâtiments d’un éco-quartier est un point fondamental, qui à l’évidence s’accroîtra avec le temps allant vers la recherche d’une totale autonomie. L’ambition zéro CO2  rejeté est indissociable de la démarche de l’éco-quartier et se traduit souvent par une bonne orientation des bâtiments, mais aussi par l’utilisation d’énergies renouvelables telles que la géothermie, le solaire ou encore l’éolien.

 

L’architecture « durable »

La réflexion sur l’enveloppe constructive est une composante importante de la sobriété énergétique recherchée. Seront utilisés en priorité les matériaux performants voire innovants, mais aussi les matériaux naturels, recyclés ou encore tous ceux ayant un faible impact sur l’environnement. Dans un éco-quartier, la prise en compte du cycle de vie des matériaux est indispensable.

 

La mixité sociale

C’est une des dimensions du développement durable. L’éco-quartier vise la qualité de vie de ses habitants, qui est notamment fondée sur la mixité sociale et générationnelle ainsi que sur la diversité fonctionnelle. Cette mixité se traduit alors dans le bâti par une offre variée de logements : maison, appartement, appartement en duplex, logements sociaux… et par la présence de locaux d’activités, de locaux de commerces.
Un éco-quartier est un quartier à part entière dans sa diversité et sa complexité.

 

La gouvernance

Au-delà du traitement des thématiques environnementales, économiques et sociologiques, la réussite de l’éco-quartier repose également sur des dispositifs originaux de gouvernance. Ces dispositifs sont mis en place dès le démarrage de l’opération et de façon durable, c’est-à-dire qu’ils sont maintenus dans le temps. La participation, l’information et la formation des différents acteurs sont indispensables pour que les principes du développement durable soient bien compris, acceptés et intégrés dans les pratiques au quotidien de tous les habitants du quartier, et largement partagés.

Depuis quelques mois, on voit fleurir un peu partout dans le Calvados de nombreuses études d’éco-quartiers respectant certains de ces dix principes dont en particulier :

– Merville-Franceville,
– Louvigny,
– Isigny-sur-Mer,
– Bretteville-sur-Odon.

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