Qu’est ce qu’une rupture paysagère ?

La rupture est définie par le dictionnaire Le Robert, comme une « coupure, déchirure d’une chose souple » ou encore une « interruption qui affecte brutalement dans sa continuité la permanence d’un phénomène ». On peut parler de rupture lorsque quelque chose apparait comme totalement étranger au paysage dont elle détruit l’harmonie. La rupture paysagère prend un aspect polymorphe et s’exprime par un arrêt ou une discontinuité au niveau spatial, géographique, physique, écologique, économique, parfois même comportemental ; se traduisant en « une modification des paysages affectant ceux qui la perçoivent » (Donadieu Pierre). On peut parler de rupture géographique lorsque cela a provoqué des cassures et des discontinuités au niveau de la topographie, des espaces, des textures, des couleurs. C’est la cessation brutale ou lente des relations sensibles entre un paysage et celui qui le perçoit habituellement, soit par changement du paysage matériel, soit par changement des regards. La rupture paysagère peut s’accompagner d’acculturation, c’est-à-dire de changement de modèles paysagers, par exemple en passant d’une culture animiste rurale ou forestière à une culture urbaine occidentale.

On parle également de cicatrice. La cicatrice est une empreinte, une inscription. Les cicatrices du paysage sont d’origine diverses. Elles peuvent être d’origine géologique ou historique ou occasionnées par l’activité humaine (saignées et creusements). A titre d’exemple, les ruptures du paysage peuvent être illustrées par une route, les conséquences d’une guerre ou de désastres environnementaux (pollution, délaissement), la présence d’une usine ou d’une activité industrielle, d’une carrière, d’une décharge, le bétonnage des campagnes, un élément venant altérer un paysage, etc.
Les paysages et les secteurs dans le Calvados marqués par ces cicatrices sont nombreux. Citons à titre d’exemples des sites historiques comme les plages du débarquement, la Pointe du Hoc, des sites d’exploitation tels que les carrières, des lieux géographiques comme la cuesta du Pays d’Auge, des sites au passé industriel (Lisieux, le plateau de Colombelles, Potigny et Soumont-Saint-Quentin), des sites empreints de vestiges archéologiques (plateau de Falaise, plaine de Caen, etc).

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